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Entretien avec Marc Touati :
Un économiste pas comme les autres…

– L’endroit où j’ai grandi…
Les cités HLM d’Orly
– Quand j’étais enfant je voulais être…
Pilote de chasse

– L’événement qui a changé ma vie pour toujours…
Ma première grande conférence (c’est-à-dire devant plus de 200 personnes) en 1996 et l’enthousiasme qui m’a envahi lorsque les applaudissements nourris ont retenti.

– Mes inspirations les plus marquantes…
Keynes, Schumpeter, Balzac, Hugo.

– La nuit je rêve…
Très souvent de mes parents, qui m’ont quitté trop tôt.

– Ce n’est pas tendance, mais j’aime…
La Bible, que je lis très régulièrement.

– Vous n’auriez jamais pu deviner, mais j’excelle dans…
Le mixage des tubes. J’étais D.J. dans mes jeunes années.

– Si j’avais du temps pour moi…
J’apprendrai à piloter un avion et un hélicoptère.

– Ce qu’il y a de plus cher pour moi…
Ma femme et mes enfants.

– Mon endroit favori…
Le ciel : je ne me lasserai jamais de voir le monde depuis un avion.

– La meilleure invention…
L’avion, évidemment.

– Dans 10 ans j’aimerais être…
Président ou acteur…

– Ma vie en 10 mots…
Enthousiasme, Famille, Economie, Honnêteté, Prévisions, Pédagogie, Croissance, Bonheur, Voyages, Musique.

Vous décrivez l’Economie comme votre passion, qu’est-ce qui vous a inspiré, qu’y avait-il derrière ces choix ?
En seconde, lors du cours d’initiation à l’économie, cela a été une révélation, qui a ensuite été renforcée avec les années universitaires (d’abord en tant qu’étudiant puis en tant qu’enseignant) et, enfin, avec la création par mes soins du service d’études économiques à la Banque Populaire, c’était en 1997, j’avais 27 ans. Mon but était de démocratiser l’économie. J’étais l’un des premiers économistes français à le faire et cela reste ma plus belle réussite.

Marc Touati rend sa copie !

Marc Touati

Il s’est livré sans contest à l’excercice de l’épreuve du baccalauréat Sciences Economiques et Sociales (Attention, ce travail n’est pas un corrigé, ndlr)
Grosse journée pour les Terminales ES qui planchaient, jeudi 19 juin, sur l’épreuve de Sciences économiques et sociales. Ils pouvaient choisir entre une question de synthèse et une dissertation, dont le sujet était : « Les facteurs travail et capital sont-ils les seules sources de la croissance économique ? »

Le constat est cinglant: depuis le début des années 2000, la zone euro est la lanterne rouge de la croissance mondiale. C’est aussi celle où l’investissement et le volume d’heures travaillées ont été les plus faibles. Les facteurs travail et capital sont donc bien des sources essentielles de la croissance économique.

Mais ils ne sont pas les seuls. En effet, le progrès technique et les gains de productivité qui en découlent sont également des moteurs indispensables et puissants de la croissance. Et ce, en particulier dans les pays développés où l’efficacité marginale du capital s’est mécaniquement réduite et où la population ralentit, voire se réduit.

Nous touchons d’ailleurs ici au débat clé sur l’impossibilité d’une croissance infinie dans un monde fini et donc à la nécessité, selon certains, d’entrer dans une ère de décroissance. En fait, le seul moyen de réaliser une croissance sans limite dans un monde fini réside dans l’optimisation des facteurs de production existants au travers du progrès technologique. C’est ainsi que le capitalisme a pu se développer et perdurer depuis le 17ème siècle. Si nous voulons restaurer une croissance forte et durable, il est donc indispensable de développer de nouvelles révolutions technologiques. Et fort heureusement, plusieurs sont en train de se mettre en place: les NTE (Nouvelles technologies de l’Energie), les NTA (Nouvelles Technologies de l’Agro-alimentaires), les nanotechnologies, sans oublier la poursuite des NTIC (Nouvelles technologies de l’information et de la communication). De la sorte, l’économie internationale dispose d’un fort potentiel de croissance pendant encore au moins une décennie.

Parallèlement, la modernisation des structures économiques constitue aussi un ingrédient indispensable pour soutenir la croissance. Il s’agit notamment d’une meilleure efficacité de la dépense publique, de la fiscalité, mais aussi du marché du travail. Si de nombreux pays de la zone euro et notamment la France sont engoncés dans la croissance molle depuis une dizaine d’années (0,1 % de croissance annuelle moyenne pour l’Hexagone depuis 2008), c’est bien sûr parce qu’ils ont insuffisamment investi, travaillé et innové, mais c’est aussi parce qu’ils ont refusé de moderniser leur modèle économique. Ce qui s’est traduit par une baisse de leur croissance structurelle, qui est passée de 2,5 % au début des années 1990 à 0,8 % aujourd’hui.

Le seul pays de la zone euro qui a réussi à enrayer ce déclin c’est l’Allemagne, qui a pourtant pâti d’une baisse de sa population active et qui aurait donc dû souffrir plus que les autres. Mais, grâce à de courageuses réformes structurelles, qui ont d’ailleurs favorisé l’investissement, l’innovation et la productivité, l’Allemagne est redevenue la locomotive de la croissance européenne.

Enfin, pour être tout à fait complet, il faut rappeler qu’il existe également des facteurs conjoncturels de soutien à l’activité, telles que les relances budgétaires et monétaires, ou encore la variation du taux de change. Mais, attention, ceux-ci ne doivent venir qu’en appui des moteurs structurels évoqués précédemment. Les recettes pour restaurer une croissance forte et durable dans la zone euro et en France en particulier sont donc connues, il suffit simplement d’avoir le courage (notamment politique) de les mettre en place.